9 millions contre 20 euros et moi, et moi et moi...
C’est avec une grande surprise que je découvre à travers le JDN e-bussiness la contre-attaque de Christophe Crémer en donnant sa version des faits dans le cadre de sa révocation. À la clé, il y a quand même une histoire de gros sous. Christophe Crémer évoque un contentieux de 9 millions d’euros soit 230 000 actions. Pas étonnant donc qu’on arrive à du « judiciaire ». Ce chiffre astronomique me donne le tournis, à moi, l’ancien webmaster de meilleurtaux.com parti avec 20 euros en poche donné par le président de l’époque. Ça ne fait même pas une demi-action !
8 ans au service de cette start-up modèle de l’internet, avec comme remerciement 20 euros et un « Bon Vent ».
Beaucoup me reprocheraient évidemment de ne pas savoir négocier, et ils auront raison. J’avais devant moi un vrai modèle - eh oui joli coup d’avoir vendu à plus de 20 fois son prix notre vieux site meilleurtaux ! D’autres me diront que j’ai été payé en participation soit environ 700 euros, somme qui est presque identique pour tout salarié ayant plus de 2 ans d’ancienneté. De là à conclure qu’il n’est pas bon d’être webmaster, il n’y a qu’un pas. Ce ne sont pas les webmasters qui s’enrichissent, et pourtant ce sont eux qui ont fait le Web. Être le webmaster qui a duré le plus à meilleurtaux (pour en devenir un meuble de la société), ça ne rend pas riche, peut être un peu amer (parce qu’on m’avait promis quand même que si la boite dépassait 150 personnes, je serais récompensé). Quand la société a dépassé les 700, je n’ai rien vu sur mon compte en banque. J’ai quand même laissé suffisamment de marge, je n’ai jamais aimé quémander. J’ai toujours pensé que si on faisait bien son travail (ce qui est le cas, sinon j’aurais été remercié depuis belle lurette) - et que la société explosait en bourse et tout le tatouin - on viendrait me voir et on me dirait « Éric, merci de nous avoir soutenu toutes ces années, quand ce fut la crise d’internet, nous avions viré la moitié du personnel et que tu as dû faire quantité de tâches pour les remplacer - (vendeur de bases de données, réparateur de PC, déménageur, infographiste, webmaster, référenceur - à l’époque tout le monde pensait que le référencement naturel, c’est de la foutaise -, marketeur...) et bien le moment venu est de te récompenser ». Je suis un rêveur, mais c’est grâce à des rêveurs qu’on bâtit d’incroyables cathédrales, non ?
Alors oui, 9 millions, c’est si irréel. La suite du combat de mon ancien PDG risque d’être trépidante. Et malgré mon départ, je suis tout cela avec attention. Je souhaite « Bon Vent à mon ancien PDG dans sa lutte pour récupérer les 9 millions ».
To Be Continued...


