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Errance

Épisode 5 : l’Envol

Les derniers évènements me sont remontés rapidement à la tête, cela fait trop de choses à la fois. J’ai l’impression d’être dans un ces fameux cauchemar que rien ne peut arrêter. La goutte d’eau a débordé le vase trop petit, je me dirige d’un pas vif vers les quartiers du commandant. En entrant, j’aperçois Ysal’en. La belle Ysal’en, princesse de ce monde.

̶ R..otaza est mort.

Ces mots qui sortent avec difficulté étaient pourtant voulus. En effet, Rotaza mort accompagné de ses lieutenants signifie qu’on ne pourra pas partir tout de suite à moins d’un miracle. Je ne remarque pas tout de suite qu’il y a eu un malaise avant que j’arrive. Comment cela peut-il en être autrement, j’étais en train de gérer un autre problème. Le commandant a dû se disputer avec sa chère et tendre ... Princesse. Je cherche Léna des yeux pour m’enquérir de la situation. Elle me fait un signe discret. Vous savez un de ces vieux signes que vous avez enseigné à vos élèves, un signe à ne faire qu’en de rares occasions. Apparemment l’occasion s’est faite larron. Ysal’en ne fait pas mentir notre code militaire, elle vient d’ouvrir un sas où trois fous furieux aux dents acérées viennent d’apparaître. Denska se liquéfie. Décidément quand il s’agit de commander une bataille sur son tableau de bord, il n’a pas son pareil, mais en situation de combat rapproché, on ne peut pas dire qu’il soit d’un grand secours. J’ai toujours ma lame magnétique sur moi, et Léna vient de dégainer la sienne. À nous deux, avec ces armes, les assaillants ne font pas le poids. Léna a pris de l’âge, ce n’est plus la gamine fraîchement débarquée à l’école militaire et qui me regardait avec ses grands yeux admiratifs. C’est avec un certain orgueil non caché qu’elle s’approprie à elle toute seule deux des trois monstres. Une fois notre besogne finie, nous nous dirigeons vers le Commandant. À genou devant sa femme, il semble avoir perdu toute raison. Pourtant, elle, malgré sa bave aux lèvres et les dents saillantes, elle affiche une certaine intelligence dans les yeux. Je n’avais jamais vu cette forme d’Ysal’en. Elle était encore enfant quand la guerre s’est terminée. Elle n’a presque pas connu les temps où le virus macabre régnait sur cette terre.

̶ Chérie, bredouille le commandant.

̶ Silence, siffle-t-elle. Nous avons enfin réussi à contrer le virus que vous nous avez inoculé en arrivant ici. Vous nous avez transformés à votre image. Maintenant il est temps que vous soyez comme nous !

Je n’avais jamais pensé que ce peuple, sous cette forme, pouvait parler. Personne n’a cherché à savoir non plus. Nous étions sûrs de notre bon droit. Nous avons "humanisé" ce peuple. Quelle connerie ! Pourtant à l’heure actuelle, les regrets doivent être laissé sur le côté. Une seule morsure de la "belle" Ysal’en, et c’en est fini du Commandant. Je deviendrais alors Commandant ! Cette idée m’effraie plus que tout, elle me force à me jeter avec acharnement sur Ysal’en. Et il a fallu plusieurs tentatives de techniques de contention pour en arriver à bout. Les arts martiaux, à l’époque du pistolet à plasma, c’est finalement toujours utile ! Je fais signe des yeux à Léna, celle-ci s’exécute immédiatement. Elle ouvre le sas qui mène vers le pont extérieur.

̶ Non, hurle le Commandant.

Sur le terrain, il devrait savoir qu’il n’a pas autorité sur moi. D’un grand mouvement de bras, je balance Ysal’en par-dessus bord. Les cris de mon ami commandant l’accompagnent dans sa chute. Elle ne tombe pas très loin par chance. Elle n’était même pas blessée. J’ai dû perdre la main en vieillissant. Ysal’en, elle par contre, n’a pas perdu de sa voix. Elle vocifère des menaces « terrifiantes. »

Je ferme le sas, et m’assois sur le sol, la tête entre les mains. Léna me regarde, mais mes yeux se perdent dans le vide du ciel. Doit-on quitter cette terre ? De toute façon, nous sommes devenus indésirables ici. Notre vieille terre reste invivable pour au moins 1000 ans. Léna s’assoit à côté, ne sachant pas comment me consoler. Sa présence, sa bienveillance, n’arrive pas à dissiper mes angoisses... Et puis d’abord, depuis quand est-elle devenue une femme ?

Pourtant, il faut se lever. Les autres comptes sur nous. Le commandant et moi les avions menés jusqu’ici. Nous devons les amener ailleurs maintenant. C’est peu dire si nous sommes fatigués. Ce commandant qui justement regarde par le hublot sa bien-aimée... Je vais me passer de lui pendant un moment. Il faut que j’ouvre les archives du vaisseau et enseigner aux jeunes tout le savoir terrien. Nous devons quitter cette planète coûte que coûte. Quel gâchis...
... Et toi Elléa ? Es-tu en paix là où tu es ?

Fin

P.-S.

Je n’ai aucune prétention artistique dans ces textes, si ce n’est la petite volonté vous distraire. Cette nouvelle de S.F. est issue d’une rêve étonnamment dense que j’ai eu il y a plus d’un mois. Toutes les scènes principales sont "authentiques"... reste que j’ai dû brôder un ou deux personnages (une ou deux situations) notamment celle de la petite fille qui passe ses mains dans les cheveux du "héros", ça m’est arrivé chez le coiffeur. Quand R.E Howard disait qu’il écrivait sous la dictée d’une quelconque puissance, avec cette expérience onirique, j’aurais tendance à le croire. J’espère que vous avez eu du plaisir à me lire. Désolé pour ceux à qui j’ai fait subir ce texte malgré eux. Voilà, ça fait 10 ans que je n’ai pas pondu une histoire aussi longue. La boucle est bouclée.

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Episode 4 : à l’intérieur



Commentaires

2 Messages

  1. Épisode 5 : l’Envol

    Une fin très abrupte mon vieux !
    Peut-être reviendras-tu un jour sur cette histoire pour la développer comme il faut.
    En tous les cas, ton rêve mérite cela.
    Qu’ils soient éveillés ou "normaux", les rêves sont toujours à la base des plus belles histoires. Howard a raison...

    Voir en ligne : à développer !

    par Danahm | 5 décembre 2009, 19:33
  2. Épisode 5 : l’Envol

    Oh c’est un one-shoot. J’ai plein de choses à explorer du côté de l’art et surtout beaucoup d’amusement à faire. Peut être que cette nouvelle mérite d’être réécrite. Et d’enlever le côté "populaire" light.

    par Éric | 9 décembre 2009, 09:59

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